Le péché est avant tout une attitude intérieure de rébellion contre Dieu et tout ce qui a attrait à la personne divine: sa parole, son autorité, sa gloire et son honneur. Toutefois, si on considère le péché dans ses multiples manifestations et expressions, il peut être classifié en cinq grandes catégories ayant leurs propres caractéristiques. Elles sont: l’Offense, la Transgression, l’Iniquité, l’Abomination et le Blasphème. Chacune de ces catégories, tout en conservant l’idée fondamentale du péché, démontre aussi des nuances et des différences qui leur sont propres. Quoique toute iniquité soit péché, de même que tout blasphème (1Jean 5:17; Matthieu 12:31), il existe cependant une réelle différence entre ces deux offenses contre la personne de Dieu.
La classification du péché n’est point une idée nouvelle; multiples références bibliques témoignent à cet effet (Ex.34:6-7; Nom.14:18; Job.13:23; Deut.19:15; Is.44:21-22; Is.53:5; 1Jean 1:9). Sans aucun doute, la majorité des hommes croit qu’un jour Dieu jugera tous les pécheurs, les vivants et les morts (Actes 17: 30-31; Rév.20:11-13); mais pour sûr, cette même majorité croit également que la même mesure de punition ne sera pas infligé à tous indistinctement. De plus, les Écritures enseignent que pour une même offense chacun recevra son propre degré de condamnation, suivant certains facteurs bien déterminés comme l’âge de l’offenseur, son niveau de compréhension et son degré de récidivisme (son dossier).
Comprendre ce qu’est l’abomination
Le mot abomination, le plus souvent utilisé au pluriel (abominations) est associé généralement à l’idolâtrie et à l’adultère spirituelle, consistant à servir, à consulter et à solliciter des faux dieux ou divinités certaines faveurs, en participant à des pratiques répulsives telles que: sacrifices humains, consommation du sang animal ou humain, interpellations des morts (nécromancie); l’usage des charmes, des portes bonheur (talismans, amulettes, fétiches) et des enchantements (wangas); la pratique de la divination (prédiction de l’avenir par astrologie, palmistrie, cartomancie, etc); de la sorcellerie et de la magie (Deut.18 :9-18).
L’abomination, dans sa plus simple et plus fréquente application, peut être définie comme abondance de péchés générés et suscités par de mauvais esprits ou démons, désirant la dévotion et l’adoration des hommes et convoitant la stature de Dieu. En ce sens, l’abomination n’est autre chose que le spiritisme. En général, le mot abomination est utilisé dans ce sens ; et tout participant, à un niveau ou à un autre, aux pratiques mentionnées plus haut, est coupable d’abomination.
LES ABOMINABLES
Le mot biblique identifiant ceux qui pratiquent l’abomination est « abominables » (Rév.21:8) et la haine de Dieu pour toutes sortes d’abominations, et ses sévères jugements contre les abominables sont bien documentés à travers les Saintes Écritures (Lév.20:27; Deut.32:15-25; Tite 1:16; Rév.17:4-5; Rév.18; Rév.21:27).
L’ORIGINE DU MOT ABOMINATION
Le mot abomination est du latin « abominatus », participe passé de « abominari », signifiant avoir du dédain pour ou regarder avec intense aversion. L’abomination est un acte, une habitude ou une condition hautement offensive et désagréable à Dieu. Ce terme cependant a encore d’autres applications, d’autres définitions et significations dans la Parole de Dieu. Il existe quatre mots hébreux qui se traduisent en français par abomination.
Le premier est le mot « PIGGUL", utilisé dans un contexte de sacrifice de viande demeurée trop longtemps sans être consommée (Lév.7:18). Le second terme est le mot « SIQQUS » qui réfère aux idoles (Jér.16:18). Le troisième vocable "SEQES", un dérivatif de "SIQQUS", est aussi employé de la même manière mais avec une extension notable dans sa signification, car il est appliqué aux aliments dont la consommation est défendue aux Israélites parce que impurs (Lév.11).
Le dernier mot « TOEBA » est le plus important du groupe. Il peut dénoter quelque chose qui offense les susceptibilités religieuses de quelqu’un (Gen.43:32; Gen.46:34) et est utilisé dans le sens d’idoles. Dans 2Rois 23:13 siqqus réfère à Astarté et à Kémosch et toeba réfère à Milcom, tous des dieux païens. Toeba réfère aussi aux pratiques idolâtres (2Rois 16:3), à la magie et à la divination (Deut.18:9-14). Mais son usage ne se limite pas aux coutumes païennes. Les sacrifices offerts à Jéhovah dans un but impur (avec mauvaises intentions) sont aussi considérés comme abominations (Prov.15:8; Esaïe 1:13). Il en est de même pour le dérèglement sexuel (Lév.18:22-30; 20:10-26).
Toeba atteint un sens moral élevé quand il est appliqué à certaines expressions telle que "les lèvres fausses" ; deux sortes de poids " ; les bornes déplacées". Ces pratiques quoique concernant les rapports humains et le commerce entre juifs sont pourtant identifiés par les Saintes Écritures comme des abominations aux yeux de Jéhovah Dieu (Rév.12:22; Rév.20:23; Rév.6:16, etc.).
LES PARTICULARITÉS DE L’ABOMINATION
Bien que le mot abomination ait plusieurs significations et un bon nombre d’applications, une chose cependant demeure constante; dans tous ses usages, ce mot suscite un sentiment intense d’aversion, de répugnance et de dégoût chez les hommes qui s’attachent aux choses spirituelles et aiment Dieu. Assurément, la parole de Dieu nous enseigne que toute pratique abominable, de la sorcellerie à la bestialité, provoque l’horreur chez le Créateur de l’univers, enflamme sa colère et précipite ses jugements.
Le péché en lui-même est en abomination à Dieu. Exprimant sa haine du péché et du mal, Dieu les appelle: «choses abominables » (Jér.44:1-5; Zach.8:17; Prov.6:16). Toutefois, l’usage courant du mot abomination invoque une grande mesure d’infractions, de violations et de culpabilité. Ceci explique, peut être, pourquoi la majeure partie du temps ce mot est au pluriel. Probablement, certaines abominations peuvent être classées comme iniquités ou transgressions, mais de façon unique le mot abomination fait penser à quelque chose de détestable et de dégoûtant, quelque chose d’horrible et de répugnant, quelque chose d’anormal et d’aberrant. En ce sens, on peut se représenter certains actes et pratiques comme: la sorcellerie, le spiritisme, les rituels sataniques, l’occultisme, les sacrifices humains, les viols, l’exploitation sexuelle des enfants mineurs, les avortements, les orgies, l’homosexualité, l’anthropophagie, la pornographie, l’infamie, les génocides, la métamorphose, la métempsychose, etc.