Jean Le Baptiseur, un précurseur
Comme doctrine biblique, le baptême ne se présente qu’à partir du Nouveau Testament, bien que l’Apôtre Paul fasse mention du baptême du peuple d’Israël en Moïse (1Cor.10:1-2). Le fait est que Jean Le Baptiste fut le premier à instituer cette pratique comme un acte volontaire de repentance et d’engagement publique à caractère spirituel (Jean 1:34; Actes 19:1-7)). Quoique l’ange de Dieu dît à Zacharie de nommer son fils Jean (Luc 1:11-16), contrairement à la tradition juive, (selon cette tradition l’enfant mâle, premier né, devait porter le nom de son père), toutefois c’est à partir de son ministère consistant à baptiser ceux qui se repentaient que Jean obtint son célèbre nom. Ainsi fut-il appelé Yochanan par ses contemporains, ce qui en hébreu signifie l’Immergeur, le Baptiste ou le Baptiseur, celui qui immerge ou baptise.
Certains croient et prétendent avec une certaine assurance que Jean accomplissait la fonction d’un Grand Souverain Sacrificateur en baptisant Jésus et les juifs dans le Jourdain. Ils avancent l’argument suivant: comme fils de Zacharie, qui assumait les fonctions de prêtre au temple, Jean faisait lui aussi partie de la lignée des sacrificateurs selon la loi de Moïse; en plus il était choisi par Dieu pour une mission très spéciale. Ils pensent donc qu’au temps de son ministère, Jean est celui qui devait être le Grand Sacrificateur, mais comme la prêtrise était alors corrompue, achetée par des hommes de grande fortune et de grande influence, Jean ne pouvait pas en faire partie. Au contraire, il en dénonçait les méfaits et les transgressions, ainsi que ceux du roi d’Israël, Hérode. Dans cette logique, Jean est présenté comme le Grand Sacrificateur légitime baptisant le peuple pour sa préparation à recevoir le Messie, et baptisant Jésus «pour l’accomplissement de toute justice».
Jean est-il le Fondateur de la Dénomination Baptiste?
Si Jean comme Grand Prêtre légitime demeure dans le domaine des spéculations, notons cependant, contrairement à la croyance de certains, quoique suivit par bon nombre de disciples comme prophète de Dieu, Jean Baptiste, n’a à aucun moment fondé une religion ou une dénomination qui porterait son nom. En effet, Jean était simplement l’envoyé de Dieu, dont la mission était de préparer le chemin pour la venue de Christ, le Messie, et pour le présenter à la nation juive. La dénomination Baptiste, dont l’origine historique ne peut être établie de façon définitive, à cause des différentes versions de sa fondation, ne remonte pas cependant à Jean Baptiste.
D’où viennent les Baptistes d’aujourd’hui?
Quoique les Baptistes aient épousé certaines des convictions des Anabaptistes, il n’existe pas de connections historiquement établies entre ces deux groupes. La version la plus crédible de l’origine des Baptistes remonte au 17ème siècle en Angleterre. D’après cette version, les Baptistes prirent naissance à partir du mouvement séparatiste d’Angleterre qui demandait:
1°) Que l’Église Anglicane soit séparé et libre de la domination de l’État (en ce temps là, le roi d’Angleterre était aussi le chef de l’église).
2°) L’enseignement et l’application de la pure doctrine des saintes écritures et non une version diluée ou contaminée du Nouveau Testament.
3°) Qu’une réforme générale touchant différents aspects de l’Église, allant de sa composition à son gouvernement, soit implimentée.
Ce mouvement séparatiste donna naissance à deux groupes de baptistes: l’un appelé « général », préconisant l’expiation générale des péchés pour tout homme par la croix de Christ (Arminianisme), et l’autre dénommé « particulier » fortement influencé par Calvin, préconisant que Christ est mort seulement pour un peuple choisi ou prédestiné au salut. Le premier groupe fit son apparition au début du 17ème siècle (1609) sous l’influence de certains hommes comme John Smyth et Thomas Helwys; alors que le second remonte aux années 1630 avec Henry Jacob, un séparatiste modéré. La première église baptiste, dont le fondateur principal John Smyth, (ex-prêtre Anglican ordonné en 1594), apparut en Hollande en 1609. En 1611 Helwys, un collaborateur de John Smyth, de retour en Angleterre, établit la première église Baptiste sur le sol britannique. En 1624, déjà cinq (5) églises portaient le nom de « Général Baptist » (Baptiste Général); et en 1650 le nombre passa à quarante sept (47). En 1644, le groupe « Particular Baptist » à tendance calviniste (Baptiste Particulier) comptait de son coté au moins sept (7) églises locales. Ainsi prit naissance ce qui deviendra plus tard l’Église Baptiste des temps modernes.
Le Mikveh Juif, l’Immersion dans le Judaïsme
Quoique Jean baptisât par immersion, il nous faut remarquer que Jean ne fut point l’inventeur du baptême par immersion. En son temps, l’immersion était pratiquée par le Judaïsme dans les synagogues et dans le temple comme un rite de purification appelé Mikvaot. Le terme Mikvaot vient du mot Mikveh qui littéralement signifie assemblage d’eau ou étendue d’eau, et par extension piscine ou bassin (Gén.1:10). Cependant, dans son usage dans le Mishnah, (loi orale juive, expliquant comment accomplir la loi écrite concernant les rituelles et les cérémonies du judaïsme), le terme Mikveh désigne les eaux ou bains de purification. Selon la loi juive, l’immersion dans le Mikveh était nécessaire:
1°) Pour ceux qui se convertissaient au judaïsme (homme ou femme);
2°) Pour la purification de toute femme après sa période de menstruation (Lév.15 :28);
3°) Pour purifier tout ustensile, fabriqué par un non-juif, servant à préparer ou à consommer de la nourriture.
Pour les anciens juifs, le Mikveh constituait un moyen de lavage et de purification cérémonielle, surtout en ce qui attrayait aux multiples souillures par infractions des lois cérémonielles (Nom.19:17-22; Nom.8:5-7). Le rituel des bains de purification par immersion était si important qu’il était observé fidèlement par le Souverain Sacrificateur et par les adeptes du judaïsme en de nombreuses occasions telles que: le service annuel de Yom Kippur (fête juive: jour de l’expiation des péchés), avant la participation des prêtres au service du temple; et dans leur préparation cérémonielle hebdomadaire en vue de l’observation du sabbat comme un jour consacré au Seigneur.
Ainsi peut-on voir que le baptême d’eau par immersion ne constituait point une nouvelle invention ou création par Jean Baptiste. Au fait, les pharisiens, membre d’une secte juive très puissante, ne demandèrent point à Jean ce qu’il faisait dans l’eau, mais plutôt par quelle autorité immergeait-il (baptisait-il) le peuple, car cette tâche revenait aux prêtres? Jean utilisait donc une pratique commune et en faisait une application nouvelle. Le Seigneur fit de même par la suite en instituant la Sainte Cène (les Pâques), l’Église (Ekklesia = Assemblée) et le Baptême chrétien. Il se servait de ce qui était familier et connu dans son milieu, mais il donnait une signification et application spirituelle nouvelle à des anciennes pratiques juives inspirées de la loi de Moïse.